Le défi d’un play-boy, Lynne Graham.
Publié en 2007.
Lecture commune
Résumé : Lorsque Gwenna Hamilton lui demande de l’aide, Angelo Riccardi jubile. Dès leur rencontre, il est tombé sous le charme de cette jeune femme à la beauté sans artifices, bien plus séduisante que toutes les femmes sophistiquées qu’il fréquente habituellement…et bien moins docile. Devant son indifférence, il s’était promis de la conquérir par tous les moyens et la voilà, désespérée, prête à tout pour le convaincre. Une situation encore plus grisante quand il découvre que Gwenna est la fille de son pire ennemi. Sans le savoir, elle vient de lui offrir une occasion très agréable de prendre sa revanche…
Mon avis : « Pour sa part, Angelo Riccardi ne connaissait plus la peur depuis son enfance. A l’époque, ce sentiment lui avait infligé une telle humiliation qu’il s’était juré de s’endurcir pour ne plus jamais en être victime. Si la haine et l’amertume l’accompagnaient toujours, la peur lui était désormais inconnue. »
Je ne ferais pas durer le suspense plus avant, c’est grâce à l’inventive et débrouillarde Méloë que je me suis retrouvée l’heureuse propriétaire de huit roman Harlequins récents ! Oui, vous avez lu de vos yeux lus, huit ! Mais pourquoi une telle débauche livresque me demanderez-vous ? Parce que ces très chères éditions Harlequin ont eu l’excellente idée de mettre à disposition gratuite, pour vous mes chers serpolets, et pour tous les autres bipèdes francophones qui peuplent la Terre, une sélection représentative de leur catalogue à télécharger ici. C’est renversant une telle gentillesse.
N’écoutant que sa conscience professionnelle (une trouble histoire d’os), Méloë a lu cet ouvrage, et a attiré ma curiosité. S’en est suivit l’idée pas piqué des hannetons (pauvres hannetons) de faire une Lecture Commune d’un des titres restant, à savoir Le défi d’un play-boy. Et qui dit entreprise si hardi, dit conception d’un logo à faire pâlir l’auteur des couvertures de chez Harlequin. Et je dois vous avouer mes très chers amis, que je n’ai pas pu attendre plus de quelques heures avant de me lancer dans cet ouvrage passionnant. Ouvrage qui a ma grande surprise propose une analyse conceptuelle et hautement fouillée du mythe de Cendrillon transposé de nos jours ainsi que des clins d’œil très subreptices et nécessaires à l’œuvre de Charlotte Brontë, Jane Eyre. En plus d’une excellente leçon d’italien, d’économie et d’altruisme. Laisse-moi vous donner la ligne conductrice et éminemment limpide de ce petit bijou : Angelo Albritosi, Segafredi… Messinissi (honte à moi son nom de famille ne s’est jamais imprimé dans mon trop petit cerveau), anybref Angelo est un milliardaire au passé troublé. Un traumatisme affreux lui a fermé les portes de la carrière d’avocat qu’il voulait entreprendre et depuis, à l’aide de son grand-père mafieux, mais qu’il n’aime pas, il est bien décidé à découvrir la vérité sur ses origines et ensuite à se venger de l’homme, amant de sa mère, qui fuyait son mafieux de père, et qui lui a volé son héritage et envoyé en pension. Que ne découvre-t-il que la sublime jeune fille qu’il a rencontré au fin fond du Somerset, et qui l’attire (parce qu’elle ne semble pas attiré par lui ce qui est vraiment très bizarre vous en conviendrez), n’est autre que la fille du vilain amant en question et qu’il va se servir d’elle pour se venger.
C’est bien ce que je disais, limpide et trépident ! Chaque chapitre parfaitement rythmé par les soupirs et les interrogations de Gwenna (« Elle se sentait toute bizarre… Etait-elle en état de choc ? » « Mais que lui arrivait-il ? »), les imprécations d’Angelito (« Mais pourquoi me résiste-t-elle cette gazelle aux yeux bleus faïence dios mio ? »), et cette interrogation insoutenable : « Les piliers et l’escalier étaient-ils vraiment en marbre ? ». Malheureusement cette dernière question ne sera jamais résolue et j’en suis très attristée.
Les personnages nous deviennent aussi sensibles et réels que notre voisin de palier grâce à des descriptions plus vraies que nature. Ainsi Gwenna est une magnifique femme à la crinière (sic) blonde, aux yeux bleus faïences, et aux seins éternellement sensibles ; Angelito est quant à lui un magnifique homme, imposant, à la virilité parfaite (admirez la figure de style qui empêche de sombrer dans le vulgaire) et rapidement dressée (désolé pour mes serpolets les plus jeunes, j’ai essayé de faire soft, mais je ne pouvais décemment pas vous priver de cela) et aux yeux mordorés intenses.
De plus, comme je le signalais plus haut, Lynne Graham ne sombre pas dans l’écueil de la médiocrité en donnant à son texte un relief inattendu grâce à sa transposition de Cendrillon et Jane Eyre. Et je m’en vais vous le prouver citations à l’appui. Premièrement : « Depuis plusieurs années, Gwenna avait quitté l’ancien presbytère, où vivaient son père, sa belle-mère et les deux filles de cette dernière. » Une belle-mère maléfique, deux demi-sœurs pourries gâtées, un papa qui ne la défend pas, la preuve est flagrante. Ensuite la pauvre Gwenna doit faire le ménage pour sa belle-mère, et « Riccardi n’a pas encore agité sa baguette magique pour te transformer en créature sexy ? A moins que les haillons l’excitent ? » (mais ouiii c’est son nom à Angelito d’amour, Ri-car-di !) outre la vulgarité vilaine de la sœur de Gwenna, notez bien l’utilisation du terme baguette magique et haillons. Deux éléments capitaux du mythe de Cendrillon. Et je ne serais pas étonnée qu’en haut Persan du sud, Gwenna veuille dire cendres du matin qui chantonnent aux coquelicots.
Pour ce qui est de Jane Eyre, cela est plus subtil et seul mon regard acéré a pu dénicher, à la page 124 de l’ouvrage en question, cette transposition.
Hé oui, Gwenna après son mariage avec Angelito Segafredi, tombe enceinte et lui donne un enfant, une petite fille ! De là bien sûr vous rencontrez l’épilogue du célèbre roman quand Jane met au monde son petit bébé et que Rochester en est gaga. Limpide je vous dis.
Mais assez jargonné, je ne peux décemment vous priver plus avant de la joie inexplicable et rare de lire vous-mêmes les aventures du play-boy et de la pépiniériste.
En deux mots : Une lecture commune qui m’aura permis de découvrir le plaisir épique de lire une grande œuvre injustement classée dans les romances sensuelles de chez Harlequin. Comme vous l’avez bien compris, ce bouquin est tellement plus que cela…
Traduit de l’anglais par Elizabeth Marzin.
The italian’s inexperienced mistress
L'avis de Méloë (qui a autant aimé que moi bien sûr !).






Raaaah, quelle lecture, quel plaisir de retrouver un vrai bon Harlequin ! Et que d'émotion ! J'en suis zencore toute retournée!