R.U.R. Rossum's Universal Robots, Karel Čapek.
Publié en 1920.
Résumé : Rossum, un scientifique génial, invente un robot. Ses successeurs le perfectionnent et la société Rossum’s Universal Robots commence à les produire en masse. Les Robots sont des machines capables de penser qui s’imposent comme force de travail extraordinairement peu coûteuse, productive et sans prétentions, mais manquent de vie spirituelle et de sentiments. Des millions de Robots remplacent progressivement les hommes – et la compagnie RUR gagne des milliards. Les hommes devenus anachroniques et inutiles sont condamnés à l’inactivité et à l’oisiveté. L’humanité tombe vite en décadence, perd sa capacité à se développer, ne procrée plus. Les Robots font les guerres et finissent par se révolter contre leurs maîtres – les hommes. Leur but est de tuer tous les hommes parce que les Robots s’estiment beaucoup plus parfaits et ne veulent plus être commandés par eux.
L'auteur : Karel Čapek (1890-1938) est un écrivain tchèque d'essais et pièces de théâtre. Il est l'inventeur du mot robot, néologisme qui lui est inspiré par son frère Josef pour désigner des humanoïdes : robota en tchèque signifie corvée.
Mon avis : C'est totalement par hasard que j'ai découvert ce petit livre. Je me baladais à la FNAC de la Défense où je ne vais plus que pour acheter des DVD, et j'ai aperçu cette pièce de théâtre dans le rayon SF/Fantasy. Le fait qu'il s'agisse du texte dans lequel apparaisse le mot robot pour la première fois m'a donné une première raison de l'acheter, que ce soit une pièce de théâtre tchèque une deuxième (que c'est exotique mes aïeux), et … c'est peut-être la raison que vous jugerez la plus futile, c'est que les cahiers étaient cousus … et que j'aime le papier … et le format. Oui bon, des études de Fabrication ça rend légèrement maniaque sur ce genre de détails :D Et enfin bref je ne regrette pas un quart de seconde cet achat (sauf peut-être de ne pas l'avoir fait une vraie librairie), j'ai passé un excellent moment en compagnie d'Hélène, Domin, Alquist et les autres … c'est du théâtre comme je l'aime, vivant, pas de faux semblant, pas la sensation que ça va trop vite, qu'on aimerait avoir plus de descriptions … de toute façon les didascalies de Karel Čapek sont assez détaillées et judicieuses pour cela. En lisant, j'avais l'impression de ressentir les mêmes émotions qu'à la lecture de La métamorphose de Kafka. Cette … je ne sais pas comment dire, cette théâtralité drôle et en même temps dramatique. Ces situations qui pourraient paraître grotesques mais qui vous parfaitement ensemble et qu'on adore lire. La certaine tendresse qui ressort des situations et des personnages … notamment dans le prologue où tous les scientifiques et le directeur de la R.U.R. tombent amoureux de la belle Hélène qui est venue visiter leur usine et qui nous permet de découvrir la genèse de la fabrication de ces robots. Mais ces robots-ci n'ont rien des épouvantails de fer blanc auxquels ont pourraient penser ; ce sont des créatures créés par l'homme, avec des organes artificiels, auxquels on a simplement retirer certaines fonctions biologiques pour les rendre de parfaits serviteurs. Pour eux, impossible de ressentir la douleur ou la peur ; ils n'ont pas conscience d'eux-mêmes, si ce n'est en leur qualité de robots, et n'ont aucune velléité d'indépendance ; ils ne le peuvent tout simplement pas. Mais comme cela devait arriver, Hélène est horrifiée par cela, elle qui a cependant déjà vu des robots à l'œuvre, et va réussir à convaincre un scientifique de leur offre une parcelle d'âme et déclencher la révolution des robots… depuis on a rien inventé de mieux ou de plus différent.
La pièce déroule tout le schéma de ce que la production d'humanoïde peu engendrer, décrit l'horreur de l'indifférence des scientifiques à fabriquer à coup de sang et d'organes synthétiques des créatures en tout point semblable à eux, un à tel niveau qu'on ne peut pas faire la différence entre un robot et un vrai homme… et qu'est-ce qui fait qu'un homme est un homme ? Qu'il sorte du ventre d'une femme ? Mais un robot lui aussi est créé, certes de manières mécanique, mais il a un cœur qui bat, un cerveau qui fonctionne… Cette pièce, pose les jalons des questions d'éthique qu'on peut avoir dans tous les domaines,
et ne se contente pas d'être ainsi… comme je l'ai dit, l'écriture de Karel Čapek est vraiment excellente ; il ne se contente pas de nous montrer l'horreur de la fabrication des robots, sans nous dire que c'est effectivement horrible, simplement en nous en parlant, il créé aussi des personnages attachants, des dialogues drôles et très très agréables à lire. Une tendresse entre les personnages, un jeu entre Hélène et les scientifiques… une œuvre d'une grande qualité et littéraire et de réflexion. La fin ne m'a peut-être pas autant emballé que le reste de la pièce, sans qu'elle soit décevante ou tombe comme un cheveux sur la soupe.
En deux mots : Une excellente pièce de science-fiction ; une écriture et un sens du dialogue extrêmement intéressant et agréable à lire. La genèse de la naissance du mot robot qu'on utilise si simplement aujourd'hui. Un bout de littérature tchèque à découvrir.
Traduit du tchèque par Jean Rubeš.





