YFL - 500 suivi du Mariage de la dryade, Robert Charles Wilson.

Publiées en 2000 et 2007.


 
http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Anciens/anciennouveau/yfl500.jpg Résumé : YFL-500 : le nom de l'œuvre monumentale de l’artiste transreprésentationnaliste Gordo Fisk. Mais aussi le nom du dossier médical d’Iris Seawright, qui a vendu son rêve à un laboratoire à des fins de recherche.
Planète Isis, Villehumaine, 2111. Chaia Martine, dont le cerveau a été reconstruit à la suite d’un accident quasi-fatal, est une dryade. Elle va épouser Gray McInnes, à qui elle était déjà mariée, dans une autre vie.

L'auteur : Robert Charles Wilson (née en 1953 aux États-Unis) est un écrivain naturalisé canadien où il vit avec sa femme et ses deux enfants. Auteurs de plusieurs romans de science-fiction remarqués, il est le lauréat du prestigieux prix Hugo pour son roman Spin.

Mon avis : N'étant pas très en fonds ces temps derniers je me rabattais sur les livres très en occasion (Emmaüs, Boulinier), et je me sentais légèrement frustrée. Surtout après un cours de multimédia qu'on aurait pu appeler ode au livre numérique et à la dématérialisation. Du coup hier soir à la gare j'ai craqué pour deux petits folio 2 €. Et j'en suis ravie ! J'adore les nouvelles et la science-fiction de qualité à petites doses. Et avec Robert Charles Wilson je suis très bien tombée. YFL - 500 la premières nouvelles m'a beaucoup plu. On découvre notre planète dans 100 ans, sur disons 50 pages, et suivons Gordo Fisk, transreprésentationaliste qui consulte une docteur car il ne rêve. Ce qui est ennuyeux vu son emploi d'artiste. Le médecin n'arrive pas le guérir mais lui montre la matérialisation d'une face de rêve d'une patiente, et Gordo a une révélation...
Ce petite texte est très agréable à lire. L'écriture de Robert Charles Wilson est bien huilée, elle glisse sans qu'on s'en rende compte et laisse parfois échapper de très jolies phrases (comme le titre de mon article par exemple). Par dessus tout Robert Charles Wilson sait écrire des nouvelles ! Il ne se contente pas de faire une histoire courte, mais sait créer en quelques pages un univers, caractériser des personnages, lancer une "intrigue", trouver une fin très nouvelle. C'est un plaisir que de suivre son personnage, de savoir que le dénouement sera rapide et inattendu ou poétique. Qu'un petit retournement de situation aura lieu, que Wilson aura compris les mécanismes de la nouvelles et saura en jouer. Ce n'est pas abrupte, c'est... disons habituel dans les nouvelles, c'est une autre façon de voir les choses et j'aime.
J'aime aussi sa vision du monde dans 100 ans ; pas d'épidémies, de noires misères ou d'état policier. Les robots gèrent l'économie et les taches ingrates. Les chômeurs ont une allocation et des soins garantis ; garantis cependant par les robots, il faut payer et cher pour les humains. La plus grande privation de ce siècle serait donc le manque de contact humain. J'aime cette réflexion.

Je suis un peu plus mitigée sur la deuxième nouvelle, qui est pourtant celle qui m'avait attiré dans le recueil. Le mariage de la dryade raconte la vie sur la planète Isis de Chaia Martine. À la suite d'un accident, son cerveau a été presque entièrement reconstruit et elle perdu tous ses souvenirs de sa vie "d'avant". Dans quelques jours elle va épouser Gay McInnes, a qui elle était déjà marié sur Terre dans une autre vie...
Tout commence très bien et surtout le premier paragraphe qui donne la couleur : " Chaia Martine avait dix-neuf ans. Sept jours plus tard, elle allait épouser l'homme avec qui elle avait déjà été mariée, dans une autre vie. Et elle ne pensait ne pas aller bien du tout. ", et l'écriture de Robert Charles Wilson ainsi que son histoire est agréable à suivre, mais il me semble qu'il a essayé de dire trop de choses dans ce petit texte. Les notions de génétique, immunité, innovation technologique sont expliquées à chaque pages un peu trop longuement. Ça ne fait pas très naturel et ça alourdit le tout à mon gout. Et c'est dommage parce que la vie sur cette planète est intéressante, l'histoire des premiers colons aussi, mais on n'est en quelque sorte noyée sous l'afflux d'informations pas forcément vitales pour la nouvelle. L'ambiance est agréable, la fin aussi (dans son... disons dans sa sorte d'humour noir), mais le texte boite à cause de cette volonté de trop expliquer tout, tout de suite.

En deux mots : Une très agréable découverte ! Robert Charles Wilson sait écrire de très bonnes nouvelles et YFL - 500 vaut vraiment le coup ; je serais plus réservée sur Le mariage de la dryade, mais je suis quand même ravie d'avoir choisi ce petit opuscule. En plus pour continuer ma découverte de son oeuvre j'ai un de ses romans dans ma bibli., Darwinia, qui me tente beaucoup.
La couverture est très bof par contre, y a un moment où ils devraient s'abstenir de rien mettre si c'est pour nous coller ça.


Nouvelles extraites de Mysterium, romans et nouvelles paru collection Lunes d'encre chez Denoël.
Traduit de l'anglais par Gilles Goullet.

Rangé dans Littérature canadienne le 29 octobre 2011

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