Georgina Kincaid (T.1) : Succubus Blues, Richelle Mead.
Publié en 2007.
Résumé : Georgina Kincaid est succube à Seattle. À priori un choix de carrière plutôt sympa : la jeunesse éternelle, l'apparence de son choix, une garde-robe top-niveau et des hommes prêts à tout pour un simple effleurement. Pourtant, sa vie n'est pas si glamour : pas moyen de décrocher un rancard potable sans mettre en péril l'âme de l'heureux élu. Heureusement, elle est libraire, et son travail la passionne ! Livres à l'œil, moka blanc à volonté et la possibilité d'approcher Seth Mortensen, son écrivain favoris depuis des siècles. Mais quelqu'un s'est mis en tête de jouer les justiciers dans la communauté des anges et démons. Bien malgré elle, Georgina est propulsée au cœur de la tourmente. Et pour une fois, sa langue bien pendue ne lui sera d'aucun secours.
Mon avis : J’avais entendu parler des aventures de Georgina Kincaid (renommé juste Succubus pour la version poche, surement à cause du dos plus petit) depuis un moment, mais elles ne me tentaient pas spécialement. Cependant en allant à l’une de mes bouquineries préférées de Metz (CD Bulles pour ceux qui connaissent ; à côté de la cathédrale Saint-Étienne) j’ai trouvé ce volume en occasion et j’ai craqué. Et j’ai passé un bon moment, pas un coup de cœur, loin de là même, mais ça se laisse lire tranquillement et ça vide la tête.
Georgina Kincaid est un succube (et oui, un succube ; je pensais que le mot était féminin, désignant un démon femelle, mais en fait non, le petit Larousse est formel), et n'aime rien tant que bosser dans une librairie de Seattle, lire le soir un bouquin de son auteur de polar préféré et danser le twist. Mais son archidémon de patron voudrait qu'elle récolte plus d'âme pour son camp en couchant avec ses clients, ce en quoi elle est très douée...
Le premier truc qui m'a ennuyé dans ce bouquin c'est la redondance des allusions sexuelles et des scènes de sexe (mais bon, elles sont plutôt bien écrites, donc ça va). En fait, ce sont plutôt les allusions dans la conversation qui m'ont gêné. C'est tout le temps, c'est vulgaire, et c'est pas nécessaire. Il y en a des drôles, mais le vocabulaire utilisé est tellement cru que ça m'a agacé. Georgina parle d'elle comme d'une pute un peu tout le temps, du genre : dans cette tenue, je n'avais qu'à m'allonger par terre et écarter les cuisses. Hum. Pour un peu de poésie on pourra repasser. Autre chose, Georgina a beau être un succube, et se nourrir de ses partenaires pendant une partie de jambes en l'air, elle semble plutôt intelligente et lucide. Ce qui ne l'empêche pas d'être une vraie girouette. D'une page à l'autre elle est terriblement amoureuse de deux personnages différents (enfin elle est amoureuse... c'est un bien grand mot, elle a terriblement envie de coucher avec eux, je sais pas si ça va plus loin dans son cerveau au début), tout en ne poussant pas la réflexion plus loin.
J'ai aimé cependant que Georgina soit librairie, on parle de livres, et on découvre la passion qu'elle voue à son auteur préféré (sauf que si on fait tout un foin autour de ses talents d'écriture, autant que ce qu'on peut lire de lui soit béton, et les quelques e-mail qu'il envoie à Georgina sont loin d'être de la grande littérature, alors ça casse le mythe). Et les pensées sur l'écriture. J'ai aimé aussi le caractère de Georgina (vraiment, c'est quoi ce prénom ?), le fait qu'elle ait des amis de toutes races, vampires, démons, etc. Qu'elle donne des cours de danse, qu'elle ait un caractère plutôt mélancolique. Même si parfois cette tristesse est amenée avec de gros gros sabots, exemple : qu'est-ce que je suis malheureuse et triste ; oh que je me sens seule quand même après des siècles d'abstinence sexuelle amoureuse. Ben oui, parce que Georgina même si elle est un succube, refuse de coucher avec des types bien (elle leur vole des années de leur vie à chaque contact), et elle en est très très malheureuse. Par contre la mythologie succubéenne est pas forcément amenée avec finesse, de même que les relations de Georgina avec ses amis sont pont évidentes (on arrive dans le plat si je puis dire, sans avoir vraiment d'introduction en règle).
L'intrigue est plutôt très banale. Et se résout vite malgré l'épaisseur du bouquin ; mais ça c'est parce que les marges sont hyper grandes, juste pour faire genre y a de la matière (et ça m'énerve). Georgina va sur la bonne piste très vite, et on n'est pas bluffé par les rebondissements, même si le nom de vilain est quand même une surprise.
Georgina est donc une vieille succube, pensez elle était jeune fille au temps des romains-grecs de l'antiquité (?), et nous raconte sa vie et ce qui l'a poussé à vendre son âme itou. Et c'est intéressant, sauf que les souvenirs de quelques centaines d'années sont insérés dans le texte comme s'il s'agissait de simples descriptions modernes. Une mise en forme particulière, un temps, un ton différent aurait surement fait mieux l'affaire et permit de singulariser le truc.
En deux mots : Malgré les défauts soulevés dans ce billet, j'ai passé un agréable moment en lisant ce volume. C'est assez rythmé, drôle, on passe du temps dans une librairie et Georgina est personnage quand même sympathique. Je ne suis cependant pas hyper impatiente de lire la suite. Je pense que je vais attendre de voir si elle se trouve à ma médiathèque ou chez des amis.
Traduit de l’anglais par Benoit Domis.
Illustration de couverture de Jean-Sébastien Rossbach.
• > Georgina Kincaid : Succubus nights (T.2) • Succubus shadows & Succubus Revealed (T.5 et 6)





