Pourquoi lire ? Charles Dantzig.
Publié en 2010.
Genre : Essai.
Publié en 2010.
Genre : Essai.
Résumé : "La lecture n'est pas contre la vie. Elle est la vie, une vie plus sérieuse, moins violente, moins frivole, plus durable, plus orgueilleuse, moins vaniteuse, avec souvent toutes les faiblesses de l'orgueil, la timidité, le silence, la reculade. Elle maintient, dans l'utilitarisme du monde, du détachement en faveur de la pensée. Lire ne sert à rien. C'est pour cela que c'est une grande chose. Nous lisons parce que ça ne sert à rien."L'auteur : Charles Dantzig (de son pseudonyme) est un écrivain, poète et traducteur français né à Tarbes en 1961. Après des études de droit, il monte à Paris. Editeur aux Belles lettres, chez Grasset, traducteur et écrivain (il a écrit la première édition critique du travail d'Oscar Wilde : Aristote à l'heure du thé), il fourmille de projets et a publié une vingtaine de romans, poèmes, essais depuis 1992.
Mon avis : Encore une fois je vais vous parler de moi, des circonstances de cette lecture et de tout un tas d'autres choses en plus de mon avis "pur". J'espère que ça ne vous dérangera pas, mais j'ai toujours été bavarde (vous ne l'aviez pas remarqué peut-être ? :p).
Alors pourquoi Charles Dantzig ? Déjà à cause du titre si affriolant de son essai (c'est bien un essai ?). Comment n'importe quel lecteur sain d'esprit pourrait résister à un Pourquoi lire et à une si jolie couverture ? Mais ça n'a pas été sans peine que j'ai acheté cet ouvrage. J'avais pu voir parler l'auteur dans une édition de l'année dernière d'On n'est pas couché. Et sur le moment je l'avais trouvé assez antipathique, limite fat. Du coup je m'étais dis dans ma grande et vénérable sagesse que jamais de ma vie entière je ne toucherais à un de ses livres. Heureusement que je me suis mise une claque mentale et que je l'ai quand même fait ... Je l'ai feuilleté plusieurs fois et les premières pages me semblaient si belles, si tendres, si moqueuses avec ce ton mondain irrésistible que lorsque j'ai vu sur le journal de lectrice de Georges qu'elle avait craqué que je devrais songer à le faire. Et quand après avoir vendu la moitié de ma bibliothèque j'ai eu pléthores de chèques Gibert Jeune j'ai craqué. Et je le redis, je suis ravie de l'avoir fait !
Et un dernier mot avant tout. J'ai fini de lire ce livre vendredi en attendant mon TGV et je pensais, comme mes précédentes lectures ne pas vous en parler. Un manque d'envie mais surtout de courage je m'en rends compte maintenant. Peur de dire des âneries, de passer à côté ou de vous ennuyer. Depuis que quelques auteurs se promènent sur mon blog, je suis très très ... euh ... inquiète ? Je me demande déjà comment ils ont pu atterrir sur le blog le moins populaire qui ait jamais été créé, et comment réagir quand ils me postent un commentaire. Pour Erik L'homme ça été simple il était tout gentil, avec Catherine Kalengula (l'auteure d'Obsession) ça été plus musclé vu l'avis que j'avais de son livre, même si ça s'est calmé à la fin ; et avec Anne-Marie Desplat-Duc je crains d'avoir été un peu brusque. J'aime ses livres mais je les trouve trop bref, du coup quand elle est venue me rappeler que cela s'adressait avant tout à des enfants de 9 ans j'ai été un peu vexée ...
Tout ça pour dire que je ne savais pas comment formuler ce que j'avais ressenti à ma lecture de l'ouvrage de Dantzig tant il y a introduit des éléments qui me font cogiter. Mais je me suis traitée de pleutre et j'ai enfourché mon blanc destrier et me voilà !
Pourquoi lire ? est un livre que je vous conseille. Ca c'est fait. Je vous le dis en préambule ainsi vous n'êtes pas obligé de lire toute la tartine qui va suivre. Ce qui m'a attiré (outre la couverture et le titre) c'est le premier paragraphe que je trouvais si joli et si ... je ne sais pas comment dire. Tel que j'aime les premiers paragraphes (oui j'ai un top 50 de mes premiers paragraphes préférés). Voyez plutôt : "Pourquoi je lis ? Je lis comme je marche, sans doute. D'ailleurs, je lis en marchant. Si je vous racontais le nombre de rencontres que j'ai faites grâce à ça ! Plus d'un horodateur de Paris a été ému de m'entendre lui dire "pardon monsieur !" après que je m'étais cogné à lui en lisant un livre ou un autre. Au reste, ce n'est pas parce qu'on fait une chose aussi spontanément que marcher ou lire qu'il est inutile d'y réfléchir. La spontanéité ne légitime pas tout. Il y a des meurtres spontanés."
D'un coup l'image du crétin prétentieux que je me faisais après l'avoir vu à la télé s'est effondrée. Je ne sais si c'est l'horodateur ému qui m'a conquise ou bien les meurtres spontanés, toujours est-il que j'ai décidé de revoir mon avis (qui du reste n'était basé sur rien de vraiment sérieux) et que j'ai bien fait (oui je suis modeste comme d'habitude). Et maintenant je ne sais comment continuer (ce qui du reste m'avait fait décider de ne pas vous en parler) ... alors improvisions :
- Parlons d'abord du "style". De l'écriture de Charles Dantzig. Je ne saurais comment la décrire et je ne saurais exactement quoi dire puisque cela fait échos à un chapitre du livre où il parle de ce mot de style que l'on placarde partout sans qu'on sache vraiment définir ce que l'on entend par-là et que ce n'est pas une valeur absolue. Mais je ne pense pas que la chose qu'il discute dans son essai s'applique à ce que j'appelle l'écriture. Ce que j'entends par là c'est la façon d'écrire de l'auteur ; l'ensemble de ses tics et de automatismes qui la rendent différente d'une autre. Et chez Charles Dantzig ce que j'ai aimé c'est cette douceur à parler de la littérature ; des auteurs ; et du plaisir de lire. Cette douceur et cette précaution à bien expliquer ses propositions (même si parfois j'ai été largué ; mais cela est plutôt dû à mon ignorance crasse) et à nuancer ses propos (parfois. Mais on y reviendra.)
Mais aussi ce dandysme ambiant. Cette petite touche à la Oscar Wilde qui m'a ravie (quand on sait que Oscar Wilde est l'homme le plus gentil du monde, surtout après avoir lu les très jolies pages que lui consacrent Conan Doyle et Gyles Brandreth). Des réflexions, parfois péremptoires, sur l'art, le luxe, les gens, la littérature. Je n'ai pas été offusqué par ce qui pourrait sembler être du mépris ou de l'idiotie comme je l'avais cru en regardant l'émission sus-nommée. J'ai souvent gloussé (je rigole souvent toute seule en lisant) en lisant ses propos. Exemple, même s'il ne colle qu'à demi avec ce que je viens de dire : "Les écrivains sont détournés comme des fleuves. C'est ce qui peut leur arriver de mieux. Pensant que la postérité, c'est le présent qui s'ennuie à entendre toujours répéter les mêmes choses et change de lectures, j'essaierai de surprendre la mienne en laissant quelques posthumes que j'espère inattendus. J'y décevrais mes lecteurs passés ; les futurs, heureux de contredire les précédents et de découvrir du nouveau, diront peut-être : "Il n'était pas ce que vous disiez. Nous seul l'avons compris." Ce sera injuste, mais si vous croyez que la postérité, c'est de la justice, je vous engage à vous suicider tout de suite."
- Et le contenu. C'est là encore plus que je ne sais comment m'exprimer clairement. Voyez, je suis une sorte d'éponge. Quand j'entends un propos je l'absorbe de suite et il me faut du temps pour le ruminer et décider si enfin c'est en accord avec ce que je pense, si non, si je suis dans le tort, si oui où le placer. Hors je suis toujours en train de digérer les propos de Charles Dantzig. Ceux surtout sur la littérature. Ce qu'il appelle Littérature. Pour lui, la littérature est comment dire ... résumée à cette littérature classique (dans le sens romans, nouvelles de forme classique) où tout élément de fantastique, de policier ou de secret n'a pas sa place. Tellement un livre de littérature doit pouvoir se suffire à lui-même. Et je puis être d'accord avec lui, ou tout du moins je comprends ce qu'il entend par-là. Même si comme il le dit lui-même encore une fois, chacun comprend et retient différemment ce qu'il lit/entend/voit et le retranscris encore d'une autre manière et qui déforme le propos d'origine.
Je comprends mais je ne suis pas d'accord (ça commence). Et encore une fois, comme il le dit lui-même (oui il dit pleins de choses) ce qu'il écrit n'a pas valeur générale et on peut tout à fait ne pas être d'accord. Pourquoi ne suis-je pas d'accord ? Parce que pour moi, la valeur absolue, c'est lire. Pas la littérature. L'un ne va pas sans l'autre entendons-nous bien, mais pour moi lire, c'est pouvoir choisir ce qui nous plaît/nous attire/nous interpelle que ce soit un roman, une biographie, un roman à énigmes, du fantastique ou encore un conte pour enfant. Je trouve dans toutes ces catégories des choses à dévorer, à aimer particulièrement et importantes ! Comme Wahsington Irving me fait rire avec les peurs irrationnels d'Ichabod Crane dans La légende du val dormant ; ou encore Horace Walpole dans son Château d'Ortrante ou ses Contes Hiéroglyphiques. Comme j'aime la cruauté, la noirceur et la fatalité qui sourdent des contes pour enfants ; comme j'aime la fantastique qui nous emporte dans L'assassin royal, Harry Potter ou encore les aventures d'Ewilan. Ou encore l'humour british et les résolutions hallucinantes des romans de Mrs Christie. Ou encore être émue par la biographie de Joseph Bell.
Pour moi, chaque lecteur doit pouvoir ériger son panthéon de lectures personnelles. Quelle que soit la valeur qu'on apporte à ces livres, le genre, l'auteur, l'époque. C'est ce qu'on ressent à la lecture qui compte. Enfin je crois.
Je ne vais pas vous discuter tous les points du livre sinon on y est encore à noël, mais j'ai aimé qu'il parle de Proust qui me fait peur (mais que je veux apprivoiser), des marques qu'on laisse sur ses livres, de la solitude du "grand lecteur" (selon les statistiques, lit plus de 12 livres par an o_o j'en croyais pas mes orteils quand mon prof de marketing m'a sorti ça. Et lui non plus quand je lui ai dit que c'était très très très peu) qui s'isole pour lire et à qui on le reproche (je suis sûre que vous connaissez tous ça) ; des propos mal compris (comme j'ai dû le faire moi-même), des avis que ce font les gens alors que rien ne le motive ; du fait d'avoir besoin de temps pour émerger d'une lecture et de retrouver la "vraie vie".
Je ne vous dirais pas tout cela en détails pour la bonne raison que vous pourrez le lire vous-même et vous faire votre idée vous-mêmes et ensuite on pourra en discuter... en effet j'ai décidé de faire voyager ce livre. Pour s'inscrire il suffit simplement de poster un commentaire et que je vous "connaisse". Pas de nombre limite de participants. Je verrais ça au fur et à mesure.
En deux mots : Une lecture plus qu'agréable. Une très belle découverte, un questionnement, des réflexions pertinentes (ou non). Bref qu'attendez-vous pour le lire ?
Ce qu'en pensent Mrs Pepys et MeL.






Je me positionne donc sur les rangs.