Assassini (T.1) : Lame damnée, Jon Courteney Grimwood.
Publié en 2011.
Partenariat Bragelonne - Livraddict
Résumé : Venise est à l'apogée de sa puissance. En théorie le duc Marco commande, mais il est loin d'être futé alors son oncle et sa mère gouvernent en son nom. Atilo est l'assassin en chef du duc et est en train de terminer une mission lorsqu'il rencontre à un jeune garçon qui le stupéfie. La vitesse à laquelle il esquive Atilo et escalade est proprement inhumaine. L'assassin sait qu'il doit trouver le garçon... Non pas pour le tuer, mais parce qu'il est digne d'être son apprenti.
Mon avis : Comme je bosse le vendredi et que je suis dans la train quand les part' sont annoncés sur Livraddict, quand je peux enfin me connecter le soir, les « meilleurs » bouquins sont déjà attribués. Par meilleurs j'entends les volumes de fantasy tous jolis tout beaux pas encore sortis. Mais le dernier vendredi des part' avant la pause estivale, j'ai pu arriver plus tôt sur le site et je me suis jetée sur ce volume. Merci à Livraddict pour l'organisation du part' et Bragelonne pour l'envoi du livre.
Par contre, disons le tout de suite, ce bouquin je doute que je l'eusse terminé si cela n'avait pas été dans le cadre d'un partenariat. Pourtant, tout avait bien commencé, l'écriture me plaisait beaucoup, il y avait des touches d'humour, cela se passait à Venise, mais ça été le drame. J'ai été agacé, je n'ai pas réussi à m'attacher aux personnages, j'ai détesté l'époque (enfin... les moeurs de l'époque), l'intrigue m'a laissé de glace. Le truc en fait qui m'a le plus tapé sur les nerfs ce sont les fantasmes de l'auteur. Comme dans Le club Dumas d'Arturo Pérez-Reverte, les mecs vieux et moches se tapent de jolies jeunes filles qui ne semblent désirer que cela (bonjour le cliché), et on aussi le droit aux descriptions sans intérêts, récurrentes, pénibles des seins des sujets féminins. Franchement si je veux savoir à quoi ça ressemble je baisse les yeux et je suis plutôt renseignée rapidement. Mais peut-être que l'incapacité masculine a effectuer cette simple vérification nécessitait les descriptions. Alors on a souvent des seins qui luttent pour sortir d'un corsage (j'aurais dû compter le nombre de fois que c'est pensionné), des seins dressés par l'excitation, et blablabla. En plus de cela on a le besoin répété de l'auteur nous expliquer que les gens ont besoin de satisfaire leur besoin. Donc si Atilo est réveillé par sa maîtresse ce n'est pas par son doux sourire mais par le bruit qu'elle fait en utilisant son pot de chambre. Et à peu près à chaque chapitre (disons cinq à sept fois) on avait la mention d'une telle chose. OK ça va avec l'époque mais est-ce que dans des romans contemporains on mentionne chaque allers et venus aux toilettes ?
Faire couleur local était surement le but, c'est juste pénible et lassant. Pour faire la comparaison, dans la saga de Wielstadt de Pierre Pevel, qui se déroule à peu près à la même époque (ok deux siècles plus tard, mais bon c'pas énorme) et avec les mêmes conditions d'hygiène, on nous épargne ces détails. On n'a pas pourtant l'impression de ne pas faire corps avec l'époque. Il y a des trucs qu'on doit ellipser (qui veut dire faire une ellipse, c'est un mot bien connu non ?), mais d'autre non... troisième truc, j'ai eu plusieurs la très désagréable et bizarre impression qu'il manquait des paragraphes. On passe d'une situation à l'autre sans savoir comment, les personnages découvrent des choses, assistent à une scène sans que le moyen en soit expliqué. Il y a particulièrement une scène que j'ai relu cinq fois mais je n'ai vraiment pas compris, on a le début, la fin, mais le déroulement semble tronqué, c'est super bizarre.
Prenons ensuite l'histoire. Un ordre secret d'assassins, Venise, des complots, des vampires, tout pour me plaire, sauf que... encore des choses qui ne sont pas bien expliquées, ou alors de façon vraiment trop détourné et qui m'a vraiment perdu. Ensuite le vampire que la couv' compare avec ceux de Anne Rice (les blurbs ça craint vraiment), n'est vraiment pas folichon dans les... quatre cinquième du roman. Il est amnésique alors forcément il met un an à capter que c'est un vampire ._. Il est plutôt long à la détente le coco. Il a autant de conversation et de personnalité que Mathilde ma plante en pot N°2, et encore Mathilde est charmante. Cependant, dans les vingt dernières pages il se trouve une personnalité, il fait des phrases de plus de trois mots et devint intéressant. Et franchement il aurait été comme ça pendant tout le volume j'aurais surement beaucoup beaucoup plus aimé.
Atilo par contre le super assassin en chef... mff. Je ne peux pas dire que je ne l'ai pas apprécié, mais il ne m'a pas impressionné.
L'intrigue ne m'a donc pas spécialement emballée, n'étant pas attaché aux personnages, sauf peut-être Tycho dans les vingt dernières pages, je me moquais bien de ce qui pouvait leur arriver, surtout qu'ils se prennent des tuiles continuellement. Et puis je trouve que les choses vont trop vite ; Tycho est censée être attaché à Rosalyn et quand il lui arrive ce qu'il lui arrive, on n'en reparle pas forcément et ça passe un peu à la trappe alors que c'est censé être super important. La chronologie est aussi un peu particulière. On a bien des dates mises au début des deux parties composant l'ouvrage, mais entre les deux, il est difficile de savoir si un mois, un jour ou des semaines sont passées.
Les mots en italien aussi. Il y en a partout, à qui mieux mieux. Alors la première fois ils sont expliqués, ou pas, alors ça va mais quand tu retrouve le mot à l'autre bout de l'ouvrage et que tu as oublié ce qu'il signifie c'est un peu pénible. Alors c'est sûr le textes parsemés de mots en italiens ça met dans l'ambiance, et ceux dont on peut deviner le sens ça va, mais les autres, c'est juste déstabillisant et à la fin c'est lourd. Un texte en italien quand on le traduit, on ne laisse pas de mots dans cette langue, alors pourquoi en avoir des tonnes ici ? Dans Vittorio le vampire d'Anne Rice on a beau être à la même époque, dans le même pays on n'a pas tous les défauts susnommés...
Traduit de l'anglais par Sylvie Delloye.
Illustration de couverture par Benjamin Carré.





