La petite amie imaginaire, John Irving.

Publié en 1996.
 Lectures sportives : 1ère


http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Nouveauancien/bookcoverlapetiteamieimaginaire5153250400.jpgRésumé : De la part d'un romancier connu pour la complexité - et l'épaisseur - de ses romans, voici une autobiographie sélective d'une simplicité et d'une concision surprenantes. Malicieuse, modeste, pleine de sincérité, La Petite amie imaginaire décrit les rapports de John Irving avec la lutte et l'écriture - le parallélisme est plus étroit qu'on ne l'imaginerait. Entendons par là une description concrète de la façon dont il a appris puis enseigné les deux arts, une réflexion sur le cours de sa vie et la naissance de ses centres d'intérêt. Au fil de ses récits et de ses digressions, il évoque ses rencontres avec des hommes remarquables, entraîneurs sportifs ou professeurs de littérature qui ont joué le même rôle stimulant. Adolescent, il est emprunté, gaffeur, mal à l'aise partout. Partout sauf sur le tapis de la salle de lutte. Et lorsqu'il ne lutte pas, il lit les classiques, Dickens, Flaubert, Graham Greene, Thomas Mann. Étudiant, bientôt marié et père de famille rangé, il est arbitre et entraîneur tout en enseignant la littérature et en poursuivant son oeuvre romanesque...

Mon avis : J'ai repensé à lire ce livre quand j'ai vu ce billet de MeL ; de John Irving je n'ai jamais rien lu, et je me voyais mal commencer à le découvrir par une courte autobiographie tournant autour de son expérience de la lutte. Mais l'un des sujets du BTS de culture G. cette année est le sport (enfin la sociologie du sport), du coup j'ai acheté certains titres du corpus qui m'inspiraient, dont celui-ci. Je ne pensais pas follement adorer, mais ce fut vraiment une agréable découverte ! Je me cogne un peu de la lutte comme de l'an 40, mais j'ai aimé lire les débuts de John Irving, son évolution dans le sport et surtout cette mémorable séance d'arbitrage qui eu lieu quelque part dans un coin paumé des Etats-Unis. Mais plus important j'ai aimé découvrir ses débuts d'auteur, ses lectures, ses réflexions sur son travail d'écrivain. Il dit des choses très justes (ou en tout cas que je trouve justes). Sport et écriture sont inexorablement lié dans cette courte autobiographie et j'ai aimé.
Ce que j'ai également aimé c'est l'écriture de John Irving, c'est drôle, vivant, vraiment très plaisant à lire. Je suppose que son style est un peu différent dans ses romans, mais ce que j'ai lu me donne envie de tenter l'expérience avec L'œuvre de Dieu et la part du Diable par exemple. Il y a cependant un espèce de déséquilibre dans le bouquin ; Irving entremêle des souvenir de débuts de lutteurs, avec ceux de ses enfants, surtout à la fin de l'ouvrage en fait, ce qui fait qu'on est parfois un peu perdue quand reprend le fil principal des souvenirs. Les détails des points de lutte, et des techniques ne m'a pas passionné, mais ce n'était pas pour autant assommant ou frustre.
L'ouvrage est également parcellaire, on peut faire des bonds dans les années sans parler de certaines choses, puis on s'arrête sur un détails qu'on développe. J'aurais aimé pouvoir passer plus de temps en compagnie de John Irving, et en apprendre plus en détails sur sa vie.

En deux mots : A l'arrivée une lecture beaucoup plus plaisante que je ne m'y attendais ; l'écriture de John Irving est très agréable et drôle. Ses souvenirs de lutteurs/écrivains sont intéressants (je confesse ma préférence pour ses souvenirs d'écrivain), et je suis bien partie pour enfin lire un de ses romans. Et aussi pour regarder encore une fois l'édition de La grande librairie qui lui a été consacrée et qui se passait dans sa maison du Vermont.

Extraits : " Et j'y vois une excellente leçon pour le romancier : il faut avancer, évoluer - mais à son rythme : finir ses études, finir son livre, on a toujours le temps. "

" Moi qui ne savais rien des antisémites, j'en apprenais tous les jours. Je suis petit et brun, mon nom de famille est Irving, un nom écossais, mais assez répandu comme prénom chez les juifs pour que plusieurs antisémites viennois s'y trompent. [...] Eric et moi, nous avions mis au point un petit système pour les démasquer. Chaque fois que j'étais snobé ou ignoré par un serveur, un boutiquier ou un étudiant de l'université de Vienne il suffisait qu'apparaisse une ombre d'antisémitisme - moi personnellement, je ne m'en rendais même pas compte, vu la qualité de mon allemand - pour Eric, qui lui le parlait bien mieux, me signalât aussitôt l'insulte :
- Voilà qu'on te traite comme un juif, me disait-il.
Sur quoi, désignant Eric du doigt, je lançais à l'odieux antisémite ma réplique bien rodée :
- Er ist der Jude, du Idiot ! (" C'est lui le, le Juif, espèce d'idiot ! ") "

Traduit de l'anglais par Josée Kamoun.


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Rangé dans Littérature états-unienne le 6 août 2011

Par bredouille le 6 août 2011
Même à moi qui suis (très) loin d'apprécier le sport, ça m'a l'air intéressant ^^ Tes deux extraits donnent envie. Le titre aussi, d'ailleurs °_°
Par Raison-et-sentiments le 6 août 2011
C'est vraiment un ouvrage très agréable à lire :)
Le titre est sympa mais j'avoue que je ne le trouve pas forcément excellent pour cet ouvrage :/ On comprend en le lisant pourquoi il l'a choisi, mais voilà quoi.
Par MeL le 7 août 2011
Je me demande aussi quel est le rapport entre le titre et le contenu du livre, ce n'est pas évident... je pense que je lirai ce livre un jour ! (ah, et dans Le Monde selon Garp il est aussi question de lutte... je me demande dans quelle mesure le Monde selon Garp est autobiographique du coup, peut-être que cette autobiographie assouvira ma curiosité !)
Par Raison-et-sentiments le 7 août 2011
Le titre c'est rapport à une anecdote, mais je la trouve pas spécialement importante au regard du reste en fait.
Sinon oui apparemment il parle de lutte souvent dans ses romans, mais je pense pas que ce soit très autobiographique ; je te conseille l'émission de janvier 2011 de La grande librairie qui lui ait consacré, je l'ai encore regardé aujourd'hui et c'est vraiment intéressant et ça parle de la part autobio ou non dans ses bouquins.
Par Méloë le 2 septembre 2011
L'oeuvre de Dieu, la part du Diable est dans ma Wish' depuis quelques années déjà sans que je me décide à l'acquérir. Et du coup, ton billet sur psn autobiographie me donne envie de franchir le pas. Même si je n'ai pas envie de lire cette dernière, ce que j'ai pu découvrir du style de l'auteur au fil des extraits que tu nous a donné, me donne envie de le découvrir.
Par Raison-et-sentiments le 2 septembre 2011
Je t'avoue que si ça n'avait pas été pour les cours je n'aurais pas non plus acheté et lu ce volume mais franchement ça été une très bonne lecture en fin de compte !
Il faut que je me trouve L'oeuvre de Dieu, la part du diable...
 

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