Watson et Holmes, June Thompson.
Publié en 1995.
Emprunt Bibliothèque - Challenge ABC 2010 - 20e livre lu.
Publié en 1995.
Emprunt Bibliothèque - Challenge ABC 2010 - 20e livre lu.
Résumé : Sherlock Holmes et le Dr Watson : deux personnages mythiques de la littérature policière, mais demeurés mystérieux à bien des égards. Si l'on n'ignore rien des remarquables capacités cérébrales de Holmes, ni de l'indéfectible révérence de Watson pour les aptitudes du grand détective, en revanche, la vie plus intime des deux amis reste une énigme... Endossant à son tour le rôle de détective, ,Dune Thomson traque au coeur du « canon », tout indice, aussi ténu soit-il, susceptible de répondre aux questions que se sont toujours posées les amateurs. Elle nous livre ainsi, dans ce roman policier pas comme les autres, quantité d'informations précieuses et de théories passionnantes qui, tout en célébrant les liens qui unissaient les deux hommes, reconstituent de manière convaincante deux existences chargées de mystère.L'auteure : June Thomson (née en 1930) est une écrivain de romans policiers, anglaise.
Mon avis : Si vous vous en rappelez, j'avais adoré Les carnets secrets de Sherlock Holmes de la même auteure, et j'avais repéré les deux autres titres qui traitait de Sherlock Holmes, toutefois sans jamais les lire. Mais après que Cécile eut parlé de sa lecture et du plaisir qu'elle en avait retiré, je me suis enfin lancé dans Watson et Holmes. Il ne s'agit pas ici d'un recueil de nouvelles policières tirées des untold stories de Watson (les nouvelles dont il donne le titre ou le sujet dans le canon, mais dont il ne fait pas le récit), mais d'une étude d'holmésologie sur la relation entre Holmes et Watson. Et plus particulièrement sur leur caractère, la relation que les dates de publication des nouvelles peuvent avoir comment rapport avec leur vie, et tout simplement The Game qui est poussé jusqu'au bout (the game : le fait de considérer que Holmes et Watson ont réellement existé et de prendre pour acquis chaque chose écrite dans le canon par Watson et d'essayer d'expliquer les "incohérences" avec rationalité mais non sans d'humour et amusement). Et je dois avouer que j'ai beaucoup aimé, sauf une petite chose.
L'ouvrage est en fait présenté de manière chronologique. On étudiera chaque aventure (ou presque) en fonction de la date à laquelle elle eu lieue (et l'on essaiera dans le même temps de déterminer la date, ce qui n'est pas aisé) ; au départ Holmes et Watson sont séparés et l'on découvre les théories de June Thompson sur leur enfance. Et c'est là que le bas blesse. Sa théorie sur le caractère de Holmes et ses relations avec sa mère (et l'apiculture) sont d'un ridicule consommé. On dirait de la psychologie de bazar. Très ... il voit en la reine des abeilles la reflet de sa mère et blablala ... des inepties freudiennes indignes de cette auteure et du personnage de Holmes. Elle simplifie simplement son caractère à des tendances de dépressions et réduit en quelque sorte, à mon avis, le personnage. Et elle a visiblement aussi une dent contre le personnage. A chaque fois qu'elle doit expliquer le comportement "étrange" de Holmes (enfin pour lui, son attitude normale) elle le gave de qualificatif négatif, le traite de manipulateur (ce qui est vrai mais enfin ...) à tout bout de champ, et encense, enfin quelques fois le pauvre Watson. Mais, quand Holmes s'amuse à jouer des tours à son acolyte, je l'imaginais plus comme Wilson dans Docteur House (ben oui vu que la série est une transposition des aventures des Holmes), prenant la chose avec fatalité et parfois un peu outré. Mais la façon dont June Thompson le présente est pesante ... surtout qu'elle le ressort un peu tout le temps. Alors oui je suis d'accord que Holmes dépasse les bornes parfois, cache des choses importantes à Watson, se fait passer pour mort (et le rend triste du coup), mais elle se méprend à mon avis sur son idée. Je ne pense pas qu'il pense à mal, tout simplement que comparé à la tache qu'il accomplit il ne se soucie pas de ne pas froisser les susceptibilités de ses contemporains.
Je trouve également qu'elle interprète mal certaines situations et fait plutôt coller les faits à la théorie que le contraire. Certains remarques ironiques de Holmes sont prises pour du mépris et de la méchanceté, alors qu'avec un peu d'ouverture d'esprit on peut tout à fait les comprendre (et je sais de quoi je parle, usant uniquement d'ironie dans mes conversations ce qui tue un peu mes interlocuteurs) ; des faits aussi, ou des attitudes sont prises totalement à contre-pied et sont transformés pour apporter une autre pierre à l'édifice de sa théorie.
Mais mais j'ai quand même été passionnée par la lecture de cet ouvrage ! Et à ma grande surprise d'ailleurs ; je pensais que lire une étude d'holmésologie, où l'exégèse règne en maître, m'ennuierait. Parce que bon j'aime discuter avec mes deux acolytes de l'âge des Irréguliers, et de l'identité de Wiggins ; d'extrapoler sur les fautes de dates de Watson et de réfléchir au caractère de Holmes. Mais lire tout un ouvrage sur le sujet me semblait trop lourd et m'aurait exaspéré car je ne goute pas tout le temps The Game et les implications poussé qu'il a sur la réalité. Alors qu'en fait pas du tout, June Thompson avance des théories très intéressantes notamment sur le décalage entre la publication des récits dans le Strand et la date à laquelle ce sont effectivement déroulées les aventures. Elle se charge aussi de nous exposer sa théorie sur la disparition de Holmes après les chutes de Reichenbach (période de trois ans où Holmes disparaît et est crû mort, intitulé le Grand Hiatus) ; et ma foi c'est plutôt intéressant. J'ai eu un peu de mal au début à l'accepter, mais en fait, en changeant quelques petits points ça me semble très sympa ; bien qu'elle ne dise pas un mot sur la disparition du petit suisse qui vient éloigner Watson de Holmes (fait qui me perturbe beaucoup depuis que j'ai relu FINA : The final problem).
Elle a une manière d'expliquer les choses très "raisonnable" (sauf quand elle reste dans on idée fixe du Holmes méchant) ; comparant sa théorie aux faits du canon, ainsi qu'aux propos des autres exégètes holmésiens. Et c'est ce point que j'ai beaucoup aimé, elle cite plusieurs ouvrages que je ne connaissais pas, sans être pesante. Elle dit l'idée qu'elle veut comparer, et elle explique son point de vue.
Je ne m'aventurais pas à donner mon avis sur sa chronologie, et la façon dont elle l'a élaboré parce que c'est trop pointu pour moi ; d'autant que je n'ai pas lu encore toutes les nouvelles qui mettent en scène Sherlock (il doit y en a voir 7 que je n'ai pas lu sur les 54), et que je pourrais donc juger de tout ; mais enfin elle m'a donné envie de me replonger dans le canon ! J'ai eu l'impression de me retrouver dans mon Baker Street intemporel que j'ai découvert un jour dans mon lit avec La ligue des hommes roux, et de découvrir de nouvelles aventures.
En deux mots : Un texte intéressant et passionnant malgré quelques bêtises et une analyse psychologique bas de gamme.
Ce qu'en pense Cécile.
Traduit de l'anglais par Pascal Aubin.






